projection du film sur nos jeunes comédiens

le
« EKPHRASIS » film long métrage DE VINCENT CAPELLI
PROJECTION en avant première en présence du réalisateur
Partenariats : Forges de Pesmes, Mairie de Pesmes
Commande de création du CRR – 2021
MERC. 20 OCT. 2021 À 20H – AUDITORIUM DU CONSERVATOIRE
GRATUIT / PASSE SANITAIRE
SUR RÉSERVATION AU 03 81 87 87 00

NOTES DE CADRAGE

« Ekphrasis »

Film documentaire de Vincent Capelli assisté par Camille Broilliard, grâce à la complicité de Marie Llano, Quentin Juy et Stéphane Bigot, produit par le Conservatoire de Besançon et avec la participation des élèves du département Art dramatique.
sortie du film : 20 OCTOBRE 2021.


La commande

Dans le cadre de la résidence artistique des étudiants en Théâtre, le Conservatoire commande un film à Vincent Capelli, réalisateur indépendant. On est en avril 2021. La crise sanitaire est toujours d’actualité. Et le sujet de la commande est « avoir 20 ans en 2021 et se former au théâtre ».

RESIDENCE ARTISTIQUE pour les étudiants en Théâtre du Conservatoire / avril 2021 :

  • Lieu de travail et de création : anciennes Forges de Pesmes réhabilitées en salle théâtre municipal et de lieu de résidence artistique
  • Lieu d’hébergement : Château de Nantilly
  • Les étudiants sont en Cycle 3 et COP / département ART DRAMATIQUE / Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Besançon Métropole.

+ INFOS sur Les Forges de Pesmes


Lettre de cadrage
Marie Llano
Coordinatrice & enseignante pôle Art dramatique du CRR
  Acte I

Lieu : CRR / Temps : novembre 2020

Le CRR est presque vide, seuls les agents, les fins de Cycle et les Cycles pro y vivent, masqués, désinfectés — et heureux. Sentiment de bouclier fragile au dessus de nos têtes, de possible irruption du virus//sentiment d’immense respiration intérieure, d’élargissement des possibilités.

Visionnage d’un docu, 28, envoyé par Stéphane. Grande beauté formelle de ce road movie en noir et blanc, qui accompagne des musiciens en tournée intimiste chez des particuliers ou dans de petites salles. Vincent, le réalisateur, travaille ponctuellement pour le CRR.

  Acte II

Lieu : CRR / Temps : décembre 2020

Les vingt-et-un C3 et COP travaillent ensemble dans mes cours d’écriture et de mise en scène. Projet de lectures aléatoires au pupitre de leurs textes. Évocation d’un endroit où pouvoir répéter de façon continue, une résidence d’artistes. Richesse de ce groupe. Alacrité de leurs 20 ans. Désir de marquer concrètement d’une pierre blanche cette année qui ne l’est pas : les étudiants seront la matière et le sujet d’un long métrage. Leurs rêves, leurs travaux, leurs vies sous contrainte et si protégées, pourtant.

Recherches immédiates et intensives de ce lieu en Bourgogne Franche Comté. Tout est soit fermé, soit en travaux, soit déjà retenu.

  Acte III

Lieux : CRR – Pesmes – Nantilly / Temps : janvier 2021

Une résidence : Les Forges de Pesmes – Un gîte : le Château de Nantilly

Une visite aux deux lieux : la chaleur de nos hôtes, Maryse pour la Mairie de Pesmes et Eddy pour le Gîte Les Roses. Sensation d’échapper au Corona, le temps d’une après-midi, Quentin, Stéphane, Vincent et moi. Tout est limpide et en promesse, comme le temps de ce 21 janvier.

Tope-là.

  Acte IV

Lieux : Pesmes – Nantilly / Temps : Avril 2021

Crew : 17 étudiants, 1 réalisateur, 1 assistante à la réalisation, 1 Directeur de théâtre, 1 Adjointe à la Culture, 1 hôtelier —des poules d’eau, aussi.

Un passage à l’écouvillon pour tous : Négatif !

De l’intendance : répartition des chambres, courses, cuisine, ménage.

Des repérages : le théâtre, la charmille, la boucle de l’Ognon, le parc du château — la piscine aussi.

Des répétitions : 4 « chefs d’orchestre » remodèlent le spectacle de lectures aléatoires initial, l’adaptent aux lieux, aux envies, aux trouvailles.

Des paysages, des visages, des mots, du silence.

Des rires, des soirées, des journées entières d’échanges, de la confiance.

Ça tourne.

  Acte V

Lieu : CRR / Temps : 20 octobre 2021

C’est vous qui allez l’écrire.

 

INTERVIEW
Vincent Capelli, réalisateur

Vincent Capelli, n’est pas totalement un inconnu au sein du Conservatoire. On peut déjà l’avoir croisé dans les couloirs. Le Conservatoire l’a déjà appelé en renfort technique auparavant pour sa saison culturelle à l’auditorium.

Après plusieurs essais de contacts téléphoniques, on finit par réussir à avoir Vincent au bout du fil. Il faut dire que cet homme est sans cesse en mouvement… sans doute à la recherche de ce qui le fait vibrer.

Où es-tu ?

Je suis sur un tournage à Beauvais. Et là, j’ai une petite pause… donc si tu veux on fait l’interview par téléphone maintenant.

Le Conservatoire propose la projection de ton film « Ekphrasis » en avant première.
Personne n’a encore visionné ton film ?

Non, personne.

Est-ce que tu peux nous raconter de quoi parle ton film ?

Ça raconte une résidence artistique d’une quinzaine de jeunes comédiens en formation. Ils ont une vingtaine d’années en moyenne.

La ligne directrice que l’on m’avait donnée était « Avoir 20 ans en 2021 et se former au théâtre ». En gros, je devais filmer un laboratoire avec de jeunes comédiens travaillant sur leurs projets de fin d’année pendant une semaine en huit clos dans un château en campagne. Le travail des étudiants sur des projets personnels et des projets collectifs devait aboutir sur une présentation publique en fin de résidence.

Mon idée était de mettre en avant le laboratoire, l’expérimentation de ces jeunes adultes et jeunes comédiens. Voilà dans les grandes lignes…

Tu as partagé le quotidien de ces étudiants pendant une semaine ?

Oui, j’étais en totale immersion, avec une amie, Camille Broilliard, qui est mon assistante. J’ai plutôt l’habitude de travailler seul. Mais on a décidé que suivre une quinzaine d’étudiants, ça allait être difficile ! Surtout qu’on était sur deux sites : les Forges de Pesmes et le Château de Nantilly. Les Forges de Pesmes sont le lieu de travail collectif et le château est plutôt le lieu d’hébergement (mais bien sûr aussi de travail). On avait trois axes à suivre : le quotidien, les projets individuels et les projets collectifs. Avec la particularité que chaque étudiant peut être metteur en scène d’une pièce, acteur dans sa pièce, acteur dans la pièce d’une autre personne… bref, chaque étudiant peut avoir plusieurs rôles au sein des créations, les siennes et celles des autres. Tous les rôles sont très poreux et mouvants.

De plus, chaque étudiant vient avec ses propres expériences de la pratique du théâtre… des bagages qui ne sont pas les mêmes. Donc il fallait pouvoir s’adapter à toute cette diversité.

Parallèlement l’idée était aussi de montrer où ils en étaient dans leur processus d’expérimentation, une sorte d’instantané de là où ils en sont dans leur vie : Qu’est-ce qu’ils attendent du théâtre ? C’est quoi pour eux de faire du théâtre ? Qu’est-ce que c’est pour eux de jouer ? C’est quoi pour eux d’avoir 20 ans ? Pourquoi avoir choisi d’être comédien.ne ? Pourquoi eux plus qu’un autre ? Comment ils se voient dans dix ans ?… C’est le type de question que j’ai pu leur poser durant le séjour… avec aussi des moments hors travail, de vie, de leur quotidien. Je voulais filmer les expérimentations de vie collective de ces jeunes aux connaissances et aux vécus différents.

Particularité… on était en totale autonomie ! Au début, j’ai pensé aux émissions de télé-réalité : un groupe de jeunes, dans un château, sans interventions extérieures… Car aucun enseignant n’était présent… ni Marie, ni Quentin, ni d’ailleurs Stéphane… aucun référent du Conservatoire. Et c’était là tout l’intérêt de filmer ce microcosme pendant une semaine… hors cadre.

Donc, tu n’avais pas écrit de scénario avant le tournage, mais tu t’étais donné plusieurs axes de développement ?

Exact. C’est le Conservatoire qui m’a contacté pour réaliser ce film. J’avais rencontré Marie Llano (coordinatrice et enseignante de théâtre au CRR) qui m’avait fait une note de cadrage et Stéphane (service culturel du CRR) qui avait posé la thématique « Avoir 20 ans en 2021 et se former au théâtre ». J’ai ensuite écrit une note d’intention où j’expliquais comment je travaillerais sur ce film.

Pour ma part, l’écriture se fait au montage à partir de tous les rushs que j’ai tournés. Je construis le film au fur et à mesure des échanges que proposent les étudiants. Et au montage, je monte ces instants de façon à donner des clefs de compréhension au spectateur.

J’ai assemblé les réponses à la question principale : c’est quoi être un comédien ?
et toutes ces questions subsidiaires comme : C’est quoi le théâtre classique, le théâtre contemporain ? C’est quoi une italienne ? Comment on s’approprie les textes ? Comment fait-on une mise en scène ? … Voilà, tout ça.

J’ai visionné les films que tu as réalisés sur ta plateforme YOUTUBE « Les Productions de l’Inutile » et aussi le film « 28 » pour Cyclop Jazz Action. Est-ce que l’on peut dire que ton style cinématographique est le film documentaire ?

Oui. On appelle cela du documentaire de création. C’est du documentaire brut. Je n’interviens pas dans le déroulement de l’histoire à proprement parler. J’interviens au montage du film, où je peux effectivement à ce moment-là scénariser, mais j’ai peu de place pour la fiction ! On peut parler aussi du cinéma du réel. Je n’interviens pas dans les propos des gens. Je ne fais pas d’interview frontale. Je capte ce que disent les gens, je prends ce qu’ils veulent bien m’offrir.

C’est d’ailleurs le parti pris du photographe Bruno Le Hir De Fallois avec qui tu as travaillé sur le tournage du film « 28 », où il dit « Moi, j’ai toujours fait du reportage… je regarde ce qui se passe entre les gens… mais je ne touche pas au réel, j’essaie de disparaître… c’est moins spectaculaire que la mise en scène, c’est imparfait… mais ce sont des photos qui parlent, qui racontent des histoires ».

Oui, on s’est rencontré sur ce tournage et on s’est rendu compte qu’on partageait le même point de vue… lui en photo, moi en vidéo…. On ne touche pas au réel.

Est-ce que tu as posé des censures sur ce que tu as filmé ?

Non, assez peu, assez peu.

Après, il y a des propos qui sont assez bruts ou un peu violents dans le film.
Dans le sens où certains étudiants font du théâtre contemporain où la critique de la société est acerbe. Et ça, je l’ai laissé. C’est intéressant de voir comment un Conservatoire accueille ce travail. Pour ma part, j’aime le théâtre contemporain qui est, je trouve aussi, le théâtre de l’instant… avec une langue actuelle, vivante ! C’est pour cette raison que j’ai choisi de garder ces passages qui représentent vraiment la réalité de ces jeunes de 20 ans. Les étudiants ont choisi de travailler sur des textes qui font partie du répertoire, sur des textes contemporains (Jean-Luc Lagarce, Vincent Delerm, Martin Crimp…) et aussi sur leurs propres créations. Ces partis pris m’ont orienté dans l’écriture du film.

Le traitement du son est très important dans tes films. Même si les images sont très présentes et poignantes, car tu es souvent près du personnage, la prise de son est clairement axée sur le personnage et non sur le bruit ambiant, ce qui donne toute l’importance à ton sujet.

J’aime beaucoup travailler tout seul pour avoir cette proximité et cette intimité avec les gens. C’est la première fois que je travaille avec une assistante. À deux, tout de suite, tu es un groupe, c’est plus imposant, intimidant… tu as une perche son, ça prend de l’espace…

Je préfère filmer une personne en équipe réduite, c’est-à-dire être seul avec ma caméra… Ca prend du temps de s’apprivoiser ! Parfois c’est acquis au bout de dix minutes. Parfois cela prend beaucoup plus de temps.. . Et c’est à partir du moment où l’autre oublie ma présence que j’arrive à capter des choses du réel.

J’adore les comédiens, ils expérimentent sans cesse, ils nous donnent leur propre perception du monde… et ces jeunes comédiens de 20 ans nous partagent du beau, du frais, parfois immatures, engagés, sincères, passionnés, sensibles et fragiles… tout ça à la fois. Ils ont grandi, ils ont déployé leurs ailes et en même temps ils ont encore besoin d’être « drivés », d’avoir l’acquiescement de la personne en face.

 – Coupure technique de notre conversation téléphonique –

T’as tout eu ?

Non, pas la fin. Mais on peut, si tu veux bien, conclure cette discussion sur ce qui t’anime de façon générale chez les gens que tu filmes… c’est cette liberté, cette appropriation très personnelle du monde et de leur perception dont ils te / nous font part ?

Moi, je n’ai pas fait d’école. Je ne sais rien faire. J’ai juste la chance de manier techniquement une caméra, un outil pour être témoin des gens qui sont inspirants. Que ce soient des artistes ou des handicapés… pour moi, c’est la même chose. Et c’est d’ailleurs, ce que je cherche à montrer dans mes films… peu importe le bagage culturel, l’intelligence que l’on a. Il se passe des choses incroyables ! C’est fou ce que l’on peut retenir de ces gens qui s’investissent vraiment, qui sont faciles d’accès… avec leurs faiblesses, leurs doutes. J’aime particulièrement les comédiens parce que parfois on ne sait pas s’ils jouent, s’ils sont dans leur personnage ou s’ils sont vrais, juste eux-mêmes.

Est-ce que tu peux expliquer pourquoi tu as choisi le titre « Ekphrasis » ?

J’ai choisi « Ekphrasis » parce que cela veut dire en grec : « Faire, comprendre, expliquer jusqu’au bout »

À l’origine, les Ekphrasis sont au départ évocation/recréation d’une œuvre plastique au sein d’une œuvre écrite. Dans le cadre du département Théâtre, on a demandé à ces étudiants d’évoquer/créer cette œuvre plastique par le plateau, les corps, texte, voix, lumière, son, espace… Art pour art— une Ekphrasis scénique.

Prendre un sujet et l’étirer jusqu’au bout… c’est ce que je fais quand je filme.

… et puis c’est un mot joli.

ENTRETIEN TÉLÉPHONIQUE 06.10.2021
V. CAPELLI / M. SCHWARTZ

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photographies de résidence

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PHOTOGRAPHIES
de Jean-Louis PAILLIER-JAM
du studio JAM
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Résidence artistique des étudiants en Théâtre
avril 2021  / Forges de Pesmes / Château de Nantilly

crédits photographiques © studio JAM

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